Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 16:15

CINEMA.jpgVoilà maintenant plus de… 20 ans ! j'ai quitté ma province Lorraine, pour monter à la Capitale...faire du CINÉMA.

Et bien j'en ai fait !

Autodidacte, j'ai réalisé dix courts-métrages.

Aucun n'est un véritable chef d'oeuvre, et je ne suis pas connue. Mais tous mes films ont un petit quelque chose qui me ressemble : fragiles, ambitieux, graphiques, courageux, touchants, originaux, oniriques. Même s'ils sont tous perfectibles, ils ont été réalisés avec plaisir, sincérité, force et courage. Et surtout, ils m'ont tout appris et permis de chercher. Car ce qui compte c'est de CHERCHER.

Pour le premier court-métrage, je n'avais même jamais vu de caméra 35 mm ! J'étais heureuse. C'était un tournage de nuit, il pleuvait des hallebardes. On a failli tout arrêter. Mais non ! J’ai pu finir.

La leçon, c’est la pluie qui a donné au sol une impression pailletée.

Il y a dans tous mes courts, bien que différents les uns des autres, l'envie de comprendre le cinéma et le pratiquer. Je me suis confrontée à différents de genres cinématographiques : drame, film noir, comédie... Aujourd'hui après ces vingt années d'expériences, c'est l'émotion qui est au centre de mes projets cinématographiques. L'émotion, sous toutes ses formes.

J’aime que l’on puisse passer du rire aux larmes. J'ai compris que c'est la sincérité, l'authentique qui me colle vraiment à la peau.

Je ne sais pas si comme le dit Woody Allen : "Faire un film c'est dur, mais travailler c'est pire". Mais ce que je crois, c'est que trouver une histoire intéressante à porter à l'écran, l'écrire et la réaliser, c'est un véritable engagement et cela demande du talent.

Et le talent, ça se travaille. 

Il y a quelques années, j'étais sur le point de réaliser un premier long-métrage... cela ne s'est pas fait.

Tout s’écroule. Tous tes rêves de cinéma. Tu as le sentiment que tu ne te relèveras jamais. Mais il faut se relever, se remettre de cette violence.

Se remettre en question...ou pas ?

J'étais totalement découragée. J'ai alors décidé, pour quelque temps au moins, de m'extraire de ce milieu. D'aller plus bas encore ! Je vous la fais courte, je me suis retrouvée à faire des petits boulots intérimaires.

Je devais coller des stickers - des autocollants quoi ! - sur des cartons dans une usine. Un type est apparu et m'a demandé si je savais filmer. Vous avez bien lu. Si moi, je savais FILMER ? Je l'ai regardé hallucinée.

Il m'a dit ce n'est pas difficile : « Tu tournes, tu tournes, tu tournes et après tu CUT ! »

Et là, le type est allé chercher un film plastique, a fait le tour des cartons avec et a dégainé un cutter. Puis il a coupé le film !

Et bien je me suis dit, je préfère faire des films que de filmer des CARTONS !

J’aime tellement cette anecdote que je l’ai raconté dans un spectacle. Bah oui parallèlement à mes activités cinématographiques j’ai découvert les plaisirs du spectacle vivant. J’ai monté un show, LES ELLESWOMENSHOW où des comiques se mélangent sur scènes : des talents avertis et des talents émergents (dont le mien !). Dans un de mes sketches, je raconte ce passage de ma vie. Je raconte ce boulot dans une usine. Je dis aussi que ma première mission intérim, je devais vendre des chewing-gums HOLLYWOOD dans des boulangeries. MOI ! je devais vendre des paquets Hollywood avec le portrait de Steven Spielberg sur les boîtes !

C'est ça la vie !

Ce qui m’a fait l’effet d’une résurrection, après ce passage dans le monde du travail réel, c’est l’école FLORENT.

Peu de temps après ma déception cinématographique, j’ai eu le plaisir d’être intervenante réalisatrice dans cette école.

J’y ai retrouvé de la force. QUE LA FORCE SOIT AVEC TOI ! J’ai vu des nouveaux talents près à tout « bouffer », des jeunes qui ont envie. ENVIE. C’est ça.

Sans cesse tomber pour remonter.

Le rêve AMÉRICAIN, tu sais celui du self made man ou woman - comme tu veux - tu vois « ROCKY », le type qui part de rien et qui se bat comme un fou pour réussir. Et bien ici, c'est plutôt (peut être même chez eux en fait), une affaire de réseaux. Je dis à mes élèves, il y a trois choses pour réussir : LE TTC : talent, travail et chance. Moi, j’ai beaucoup pratiqué les deux premiers. J’attends le 3ème.

Vous me direz, le fils du boulanger a plus facile à récupérer la boulangerie de son père, ou encore celui qui vient souvent y acheter du pain ! Mais si tu n'es pas du quartier, ni même le fils du boulanger, comme savoir que cette boulangerie n'attend que toi et réciproquement...

Aujourd'hui, c'est parti, je me donne à fond sur un projet de long-métrage qui s'intitule "HISTOIRE BELGE". Ce qui est dur donc, c'est de trouver les bons interlocuteurs.

Cette force, cette détermination, cet acte fou de vouloir faire un film, sa demande une passion folle pour le 7ème Art.

Car oui, le CINÉMA est ART majeur. FILMER L'INVISIBLE, des corps, travailler à l'écriture d'un scénario, diriger des acteurs, partager la création avec un musicien, un directeur de la photo, une équipe. Le cinéma n'est pas seulement un acte commercial. Ça l'est aussi, mais ce n'est pas tout. Et de loin ! Le public ne s'est pas ce qu'il veut ou plutôt il s'est qu'il veut. Certes il souhaite être diverti, mais il veut surtout être surpris, embarqué dans une histoire qui n'est pas la sienne mais qu'il fait sienne. 

On donne quand on réalise un film. On prend le risque de déplaire.

Bien sûr on peut plaire ! 

En ce moment, pour ce nouveau projet HISTOIRE BELGE, je cherche à rencontrer ZAZIE.

J'ai très envie de travailler avec cette artiste. Je lui trouve un immense talent pour l'écriture et j'aime comment musicalement elle s'inscrit dans son époque.

J'aimerais aussi rencontrer Benoît Poelvoorde car il est en quelque sorte, l'ange de mon histoire. Cet acteur brillant fait partie des plus grands. Il est si surprenant, capable du grave et du léger.

Et j'aimerais surtout trouver le producteur qui a un coup de coeur pour mon scénario qui a envie de se battre pour le montage financier. Le « C » de TTC.

Et bien toutes ces envies, je voulais vous les faire partager. C'est pour ça que j'ai décidé aujourd'hui d'écrire ces quelques lignes... à la mer.

Myriam Donasis 

 

Par DONASIS - Publié dans : donasis
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